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La Tâque 2008

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No 37

Avril 2008

La Tâque

Sur nos monts quand le soleil…

SOMMAIRE
Editorial Jean-Pierre Meylan
Message du 1er août 2007 Gilles Anex
Ma marmotte des Diablerets Philippe Dubath
N comme nillon… (recette) Jean-Pierre Meylan
Quelques expressions… Le Caviste
Les fées de nos montagnes A. Cérésole
Manifestations A.P.R.G. A.P.R.G.
 

EDITORIAL


Le temps fuit avec rapidité, et nous sommes, comme le dit le poète, en plein dans le printemps qui fleuronne. Beaucoup d’eau a passé dans le lit des Avançons. Cela mérite quelques réflexions.

J’ai vécu avec plaisir mes modestes participations à LA TÂQUE, en espérant qu’amis lecteurs, j’aie pu vous intéresser à notre belle région, chère à nos cœurs.

L’avenir de cette TÂQUE, dont nous sortons la 37ème édition dépend de vous, de votre enthousiasme et de vos participations. Ce sont là les vœux les plus chers de votre Président, avant ce passage de témoin aux forces plus jeunes.

Longue vie à cette TÂQUE, et qu’elle reste toujours le lien entre nos membres, les hôtes et les habitants de notre village.

« VIVAT, VIVAT, SEMPRE VIVAT »

Jean-Pierre Meylan, Président

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Pour finir en beauté l’année du bicentenaire de la naissance de Juste OLIVIER, il nous a paru opportun de vous présenter, avec son accord, le

Message du 1er août 2007

de Monsieur le Municipal Gilles ANEX. Qu’il en soit remercié.

Comité du bicentenaire
J.-P. Meylan, Président


« Chère population, chers hôtes, chers amis de Gryon,

Bien loin de l’agitation et la notoriété remuante d’un certain Grütli, permettez-moi de vous saluer au nom des autorités gryonnaises et de vous remercier de l’honneur que vous nous faites de partager cette soirée de fête nationale en notre compagnie.

Que vous dire ce soir qui n’ait été déjà dit cent fois sur le patriotisme et notre beau pays ? La belle assemblée que nous formons, réunie sous les signes de la simplicité et de la convivialité suffit d’elle-même à refléter notre attachement à la cause qui nous rallie toutes et tous, chaque année, le premier jour du mois d’août.

Il est un sujet beaucoup plus d’actualité pour notre petite communauté que je me dois d’honorer ce soir. Vous aurez déjà certainement entendu parler du 200e anniversaire de la naissance du poète Juste Olivier.

Si le personnage reste assez lointain et flou dans votre souvenir, personne par contre n’ignore la fameuse chanson de la Mi-Eté de Taveyanne que Juste Olivier a composée et offerte à la Jeunesse de Gryon en 1869.

René Char disait « un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves ». Et il avait raison car une trace suggère, une preuve condamne. Une trace est le tremplin du monde imaginaire, une preuve est le tombeau du réel.

Et dans notre monde devenu si matérialiste, si conformiste, si normaliste, j’en suis convaincu, nous avons tous besoin de ces petits moments hors norme, de ces instants hors du temps que seul les poètes, les chantres et autres baladins savent susurrer à notre imaginaire.

Cette part de folie, de rêve fait partie de notre équilibre, de notre harmonie intérieure. Autrefois, les rois avaient leurs fous, le peuple ses diseurs d’aventure mais aujourd’hui, bien heureusement, nous savons encore prendre le temps de suivre cette échappatoire, de lâcher quelques instants nos tracas quotidiens, notre normalité, pour le monde de l’émerveillement.

Les acteurs de cinéma et autres stars ont remplacé les conteurs, les bandes dessinées ont supplanté les alexandrins, les « dj’s » enflammés des discothèques concurrencent les opéras. Qu’importe ! Le monde a évolué, la société change mais l’âme humaine a toujours aussi soif de se laisser emporter dans les méandres du monde artistique et c’est bien heureux !

Et comme il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va… il est primordial d’honorer les grands hommes qui ont façonné notre histoire, nos valeurs. Ils ont laissé une empreinte salutaire sur laquelle nous nous appuyons pour mieux avancer.

En ce sens, Juste Olivier a su mettre des mots, a su observer et voir ce que les gryonnais côtoyaient depuis des générations sans forcément y prêter grande attention.

Là où ils voyaient un terrain pentu à faucher à la main, …
Juste Olivier a vu la verte prairie bucolique,
Là où ils voyaient le chemin raide à gravir, …
Il a vu le joli sentier serpentant vers les sommets,
Là où ils voyaient d’importants troupeaux à traire avant l’aube, …
Il a entendu le doux carillon des sonnailles.

Il a compris rapidement la vie difficile et rude de ces montagnards, les lourds labeurs à abattre sur une belle saison, toujours trop courte, en vue des hivers rigoureux. Il a capté leur façon parfois abrupte de s’exprimer, leur timidité ou leur gaucherie dans leurs rapports aux autres. Mais il a surtout su percevoir, au-delà de ces apparences, toute la fierté qu’ils avaient de travailler la terre de leurs ancêtres, tout le bonheur qu’ils mettaient à perpétuer des savoir-faire et toute l’allégresse qu’ils savaient donner à leurs fêtes.

Car ici en haut, on savait s’amuser. Ici en haut, point de temps pour les mondanités, on vivait pleinement chaque instant. Les rares sorties, les rares fêtes représentaient autant de bonheurs à vivre.
Juste Olivier a bien compris cette sensibilité des gryonnais et il a réussi, avec ses mots de la ville, ses mots de poète, à changer leur regard sur leur propre monde.

De cette image de village montagnard que les jeunes fuyaient pour des contrées moins rudes, ils ont pris conscience qu’ils avaient dans les mains, sous leurs yeux, un énorme trésor. La nature, la montagne, les vieux chalets, la simplicité et la joie de vivre étaient des atours que les cités courtisanes n’avaient pas. En vantant ces trésors, Juste Olivier allait donner une impulsion énorme à une nouvelle aire : celle du tourisme.

Qu’il soit remercié pour avoir contribué à l’ouverture de Gryon sur le monde, qu’il soit remercié pour son attachement à nos paysages, qu’il soit remercié pour cette trace émotionnelle qui transparaît dans ses écrits.

Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves.

Aussi, quelle autre manière de conclure mon message que par une de ses traces, un extrait de ses textes qui démontre la force des rapports humains, l’indispensable nécessité de vivre ensemble face au temps qui s’écoule. Je cite :

Comme un décor obéit au sifflet,
Du ciel se meut la toile peinte immense,
Mais chaque jour c’est le même ballet,
Que le suivant sans faute recommence,

La veille ainsi prédit le lendemain,
Et du passé l’avenir s’ensemence.
Nous allons tous par le même chemin,
D’un mur d’épine ou de fleur qu’on le ceigne,
Petits et grands, nous nous donnons la main.

Chers amis de Gryon, nos chemins, ce soir, se rejoignent autour de ce feu patriotique. Je vous remercie de partager ces instants avec vous et vous souhaite une très belle fête ».

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MA MARMOTTE DES DIABLERETS


Il faudrait que je puisse vous montrer cette image pour que vous compreniez l’affection tendre que je nourris – c’est le cas de le dire – depuis quelques semaines pour une marmotte des Alpes vaudoises. Nous étions montés en famille aux Diablerets, nous avions marché une bonne heure et demie et sur les conseils de Jean-Claude Roch, amical et fin connaisseur de toute cette région et de sa faune, nous nous étions assis sur les rochers d’un petit vallon en espérant qu’elles apparaissent. Tout d’un coup, elles étaient là. Une, puis deux puis cinq. J’avais ressorti mon vieil téléobjectif, celui qui nous fait croire, quand la lumière est bonne, que la marmotte qu’on photographie est à deux mètres, qu’on pourrait presque la toucher. Elles ont couru, trottiné, joué sous nos yeux. L’une d’entre elles avait l’allure de Tintin, dans le Lotus bleu, quand il se déguise en général japonais, avec Milou caché sous sa veste en guise de panse. Je l’ai photographiée, elle est de profil et je ne me lasse pas de regarder cette image qui me raconte chaque jour ce que sont le bonheur et le bien-être d’un animal ici. Elle est assise bien droite, elle surveille son territoire, rien ne la dérange. Je me suis demandé comment elle n’est pas emportée dans la pente par son poids, par ce qu’on pourrait appeler en souriant la force centrifuge. Car son ventre est fascinant, il pourrait être celui d’une marmotte enceinte de huit petits – cela arrive -, mais non, c’est l’automne, et cette rondeur ensorcelante n’est en fait que le résultat des quelques quatre cents repas de graminées, trèfle, fleurs, bourgeons, racines, bulbes, graines, fruits et écorces avalés aux belles saisons, et qui lui permettront de tenir le coup, d’hiberner sereinement et d’atteindre le printemps sans trop de soucis. Depuis, que j’ai croisé son chemin – sans qu’elle le sache, car c’est une marmotte sauvage, pas une bête qui vient manger le chocolat dans la main, je n’ai d’ailleurs rien contre -, je l’imagine vivre sa vie souterraine. Je l’imagine dans la grande chambre, sur la litière de foin, les paupières qui tombent peu à peu, sans qu’elle résiste. Je l’imagine au fil des semaines, se levant de temps en temps, le moins souvent possible, pour se diriger vers les toilettes, car il y a un vrai petit coin dans le terrier. J’imagine à ses côtés, contre elle, ou un peu plus loin, dormant par deux, par trois, par dix, tout le clan et ses petits qui ne seront adultes qu’à l’âge de 3 ans. Je me demande aussi quel est son âge, sachant que les marmottes les plus solides, qui savent éviter l’aigle et le renard, peuvent dépasser 15 ans, voire atteindre les 18 ans.

Je me suis promis de retourner là-haut, en avril ou en mai, pour la voir ouvrir les yeux aux douceurs célestes retrouvées. Mais une angoisse m’habite : vais-je la reconnaître, quand ce ventre phénoménal aura disparu ? Pour plus de sûreté, je prendrai avec moi un tirage en papier de la photographie, je la chercherai patiemment pour saluer avec elle le printemps revenu, et redonner vigueur à notre amitié dont elle ne saura jamais rien.

Philippe Dubath*, journaliste à 24Heures

* avec son aimable autorisation

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N… comme NILLON…


Combien d’entre-vous savent encore ce qu’est le nillon ? Combien se souviennent de ce morceau de résidu du broyage de l’huile de noix, que l’on suçotait au grand dam de nos régents? Outre cette détestable mais savoureuse manie, cela évoque un savoureux gâteau, avec une bonne tasse de thé bien chaude. Mais avant que le nillon ne soit dans le gâteau, il s’est passé bien des choses.

Il a fallu gauler les noix, les débarrasser de leurs coques vertes, les faire sécher tout en haut, contre le mur, sous l’avant-toit de la maison, à l’abri de la pluie et des souris. Puis, il y a eu la cassée : toute la famille, les amis réunis le soir autour de la grande table. Les hommes, marteaux à la main, font éclater les coquilles, les femmes récoltent les grumeaux. On rit, on chante et l’on boit le vin chaud. Chacun y va de son histoire; les vieux redisent celles de leur temps, celui où on prenait encore le temps de vivre. Les femmes échangent leurs meilleures recettes, et parmi celles-ci, la plus plus connue est celle du gâteau au nillon.


Recette du gâteau au nillon

Proportions : 1 morceau de nillon
1 cuillère à soupe de raisinée
1 tasse de sucre
1 œuf
4 dl de lait chaud
1 cuillère à soupe de farine
300 gr de pâte brisée

Exécution :

Râper le nillon dans un gros bol, verser dessus le lait chaud sucré, et laisser reposer 4 heures environ.

Au bout de ce temps, y incorporer l’œuf, la raisinée et l’huile de noix.

Foncer une plaque à gâteau avec la pâte, la saupoudrer de farine et y ranger une pomme coupée en fines lamelles.
Verser le contenu du bol. Faire cuire à feu moyen 25 à 30 minutes.

BON APPETIT…. !

P.c.c. Jean-Pierre Meylan

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ENCORE QUELQUES EXPRESSIONS
BIEN DE CHEZ NOUS !!!

En ça, en là de ce côté, au-delà
Qui ne peut, ne peut impuissant
Sentir le sepion sentir le brûlé
Dites seulement dites sans crainte
Avoir un plumet être gris
Se mettre le ventre au chaud aller au lit
Y rien tant chaud il fait froid
Veille-te voir fais attention
Faire vinaigre contrarier, chercher niaise
Souffler de bise ambiance de mauvaise humeur
Torche-miraud bernique !!!
Ca ne vaut pas le lard du chat ne vaut rien
Dommage du peu regret, envie
Remé-là à nouveau là

À suivre…

Le Caviste
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LES FEES DE NOS MONTAGNES


Aux yeux de nos montagnards, les fées avaient le pouvoir de divulguer l’avenir et de dispenser le bonheur et le malheur. Autre privilège encore fort enviable pour des populations obligées à de durs labeurs, celui d’être dispensées de tout travail. Aux pâtres les peines journalières, les mains calleuses, et la peau noircie par la chaudière et les soins du bétail. Aux belles fées, la peau fine et sans souillure, les douces rêveries et le repos sans soucis.

A vrai dire, plutôt bonnes que méchantes, elles apparaissent comme les génies doux et pacifiques de la montagne, dont elles étaient les gardiennes aussi charmantes que jalouses. A elles revenait le soin de présider, à la toilette amoureuse du printemps, gentianes bleues, rhododendrons multicolores, souriantes primevères, roses sans épines, violettes mignonnes, délicates soldanelles, recevaient leurs plus gracieux sourires et les enivrantes haleines de leurs plus doux baisers. C’était elles qui, du haut des rochers et jusqu’au bord des glaciers, veillaient à la protection des pâturages, à la paix de l’alpe solitaire, au respect des blanches cimes et de leurs chamois. Elles intervenaient volontiers dans les misères, comme dans la joie des bergers, présidaient à leurs amours, à leurs mariages, à la naissance de leurs enfants, ainsi qu’à tous les événements de leur vie. Susceptibles de passions terrestres, elles ne craignaient pas d’entrer en relation intime et suivie avec leurs protégés. Un pâtre était-il beau, jeune et courageux ? Avait-il des chants sur les lèvres et de la poésie dans l’âme ? Une jeune fée ne dédaignait pas de l’entourer de ses prévenances et des témoignages de son amour. Aussi ces charmeuses au doux regard contractaient-elles parfois avec les bergers de nos monts de véritables mariages. Une fois l’union dûment scellée, elles les conduisaient dans leurs hautes retraites, les initiaient aux mystères de la nature et des arts magiques, les trésors souterrains, les sources et les soins à donner aux troupeaux. Ces unions n’étaient cependant pas toujours heureuses et de longue durée, cf. « La légende de la fée Nérine et de Michel ».

Telle nous apparaît dans son caractère général la fée de nos Alpes vaudoises, celle dont Juste Olivier a dit :

C’est la fée au pied diligent
Qui vient, jouant et voltigeant
Danser sous le rayon d’argent

(Extrait des « Légendes des Alpes vaudoises ». d’A. CERESOLE)

Pcc : J.-P. Meylan

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MANIFESTATIONS

  • Samedi 17 mai
    Pose de la plaque commémorative du bicentenaire de Juste Olivier au Centre Gryonnais avec la présence des autorités d’Eysins et de Gryon.

  • Dimanche 15 juin
    Sortie familiale au refuge du Luissalet, raclette.

  • Samedi 12 juillet
    Sortie commune avec l’association sœur de Villars (APRSV) Visite du Musée et Chiens du Grand-St-Bernard à Martigny.

  • Samedi 26 juillet
    Tournoi de tennis de l’APRSV*

  • Vendredi 8 août
    Tournoi de golf de l’APRSV* 

Historique: Bulletin La Tâque, avril 2009

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APRG - Association des propriétaires de résidences secondaires de Gryon et environs

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